Vous êtes ici

Recherche dans les textes de "À lire pour vivre"

2026-A- Lc 10, 25-37- homélie pour funérailles- une magnifique vie

2026-A – Lc 10, 25-37 une magnifique vie

Je me laisse surprendre par la nouveauté et l’actualité de ce texte. Du jamais entendu. Ce récit révolutionnaire a fait des vagues dans la société de l’époque tant il fait tomber les frontières entre race, culture, religion. Un hérétique, un non-pratiquant de la très stricte loi religieuse de l’époque, pose un geste d’une grande humanité. Il a humanisé la foi en refusant de demeurer indifférent à cet homme tombé aux mains des brigands. 

Ne pas passer outre, savoir s’arrêter, prendre le temps de porter attention aux autres plus qu’à son cellulaire, d’élargir l’espace de sa tente (Is 54, 2) contient tout l’Évangile. Dans ce souci pour les autres, le Samaritain nous montre ce qu’est une magnifique humanité.

Personne ne peut devenir pleinement humain, personne ne peut se dire croyant pratiquant sans prendre soin des autres. Le jeune Carlos Acutis, récemment canonisé à l’âge de 15 ans, disait qu’il cherchait à avoir moins de moi pour faire plus de place aux autres.

Je réagis toujours quand en ouvrant une page internet on me demande si je suis un humain. Nous vérifions que vous êtes humain. Cette opération peut prendre plusieurs secondes. Êtes-vous humain ? Si oui, cochez vite la case, idenifiez sans tarder l’animal ou l’objet qui permet d’affirmer que « je ne suis pas un robot » ?

Réal réagissait vivement à tout algorithme de ce genre. Il a parcouru sa vie en mode échange interrompu avec les autres. Il n’a pas attrapé le virus extrêmement difficile à éliminer (Pape François) du moi d’abord. Il savait s’arrêter, de ne pas passer outre. Il refusait de voir sans rien faire. Il faisait seulement sa part, mettait l’humain, les besoins de l’autre au centre de sa vie. L’évangile résonne quand les autres nous détournent d’une vie du moi d’abord. Sa vie de croyants fut relation aux autres.

Que de chèques, il a signé pour répondre à des appels à l’aide.

Que de petites monnaies il a déboursées avec jovialité dans ses soirées à son club social. Que de temps consacré pour apporter un vêtement chaud à des enfants.  

Réal était pudique. Il ne montrait pas facilement ses émotions, mais ne vivait pas seul sur une île déserte. Nul humain n’est une île, dit un poète anglais. Il était conscient d’être lui-même qu’avec les autres. C’est ça vivre en chrétien. C’est ça l’évangile.

 Ce qui fait la grandeur de sa vie, de toute vie n’est pas la visibilité des actions posées, mais la grandeur du cœur à les poser. La beauté de son empressement à n’être que « oui » aux appels à l’aide laisse voir une autre beauté intérieure. Ce qui reste dans ma mémoire, et je me fais louange et gratitude, c’est cette beauté d’aimer, de servir, aider, dépanner.

En pesant bien mes mots, je reconnais en Réal une vie en forme d’Évangile nourrie de temps à autre, par des temps de présence à des célébrations liturgiques.  Sa façon de voir (Lumen fidei, # 18) le rendait participant du regard de compassion de Jésus. Son « oui » ressemblait à un arbre planté au bord des eaux, qui tend ses racines vers le courant, qui ne redoute rien quand la chaleur arrive, son feuillage reste vert (Jr 17, 8). Sa vie montrait la solidité de ses racines qui nous font voir et admirer de beaux fruits.

Et les fruits dont je contemple, la moisson de cette vie que je contemple ont le visage d’une vie familiale intense (quelle est belle que cette dernière photo que j’ai reçue prise sur le seuil de sa maison soulignant la graduation de son « grand » petit-fils) ; le visage de la joie de recevoir les siens autour de sa table (de m’offrir un café dans lequel il avait dessiné une fleur ); le visage de la simplicité qu’il m’invitait à partager dans ses séjours recherchés dans des chalets dans les montagnes ; le visage de sa disponibilité.

Je vous laisse, en conclusion, ces mots à déposer dans la corbeille de vos questions et qui me font sens.

Le poète François Cheng : la mort, c’est ce qui donne de l’avenir à la vie.

Notre poète national Gilles Vigneault écrit dans un pays intérieur : la mort est un chemin montant, j’en connais le bout, mais jamais la distance qu’il me reste à courir pour y arriver.

La liturgie : la mort ne détruit pas la vie, mais la transforme. En mourant, il a détruit la mort.

L’Évangile : je suis la résurrection et la vie, qui croit en moi - qui vit comme moi - ne mourra jamais.

Faisons maintenant silence et laissons monter en nous malgré notre douleur louange et gratitude pour cette vie qui s’ouvre sur le commencement d’une autre vie. Un jour nouveau commence.  

 

  

 

Évangile: 
Année: 
Autres: 
Pérode: 
Date: 
Jeudi, 9 juillet, 2026

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.