2026-A- Dimanche du baptême de Jésus –
Mt 3, 13-17 : sommes-nous des païens baptisés ?
Nous célébrons cette année le 800e centenaire de la mort de François d’Assise. Son hagiographe disait de lui qu'il était tellement humain qu’il paraissait l'homme d'un autre monde (1 cel 36). C'est pour moi une belle définition de tout baptisé : paraître quelqu'un d'un autre monde. L’auteur de l’épitre à Diognète écrivait au début du 2e siècle que les chrétiens témoignent clairement d'une manière de vivre qui sort de l'ordinaire.
La foi baptismale est une déclaration, un engagement à vivre dans ce monde, mais non comme le monde. Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les préserver du Mauvais (Jn 17,15). Ce Dieu entrant dans les eaux du Jourdain nous ouvre, précise saint Jean, les cieux et nous rend capables d’entendre des mots jamais prononcés aupara-vant et qui s’adressent aussi à nous : tu es mon fils bien-aimé (Mt 3,17). Quand résonnent en moi ces mots, je ne vis plus, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20). Je suis déjà ressuscité.
Cette parole devrait changer notre vie. Elle nous confirme que nous sommes le Paradis de Dieu, la « demeurance » de Dieu. Des anges ont annoncé aux bergers la naissance du Sauveur, une étoile a guidé les Mages vers une étable, mais c’est la voix du Père qui nous indique que nous sommes fils et fille de Dieu. Le baptême nous donne accès à la demeurance du Christ en nous (Benoit XV1). Nous sommes appelés à avoir un cœur plus grand que notre cœur (1 Jn 3,20). La Vérité qui ne passera pas est d’être la demeure de Dieu, de respirer Dieu. Cela donne de la hauteur, de la perspective à nos vies.
Jésus a parcouru la Galilée avec pour unique message d’édifier une manière de vivre qui est paradis de Dieu. Nous sommes baptisés à croire et à vivre dans un autre monde, celui que Jésus a annoncé sur les routes de la Galilée : son royaume, autre mot pour nous faire rêver d’une vie harmonieuse, sans mur, sans division entre nous.
Le baptême est plus qu’un rythme d’admission dans une Église, plus qu’un rite social de bienvenue dans une Église, c’est une déclaration que nous sommes aimés de Dieu et appelés à vivre dans le concret de notre quotidien et par pure grâce de la même manière que Jésus, de mener une vie de compassion sans juger. Je ne suis pas venu juger, mais sauver le monde (Jn 3, 17). Il est plus facile de se déclarer chrétien que d’en vivre.
Le cardinal Duka, récemment décédé, a cette étonnante expression quand il observe qu’un chrétien n’est toujours qu’un païen partiellement baptisé. Avons-nous conscience de ce don inouï qui nous est fait par le baptême ? Nous portons en nous un tré-sor caché qu’est le don de la foi baptismale qui ne perd pas de sa richesse inestimable même quand le doute, nos questionnements nous font tout remettre en question ! Nos doutes comme ceux de Jean-Baptiste n’empêchent en rien Jésus à nous envoyer comme des sacrements (Jean-Paul 11) pour notre entourage, lumière du monde et sel de la terre (Mt 5, 13-16).
Contemplons longuement ce que Paul écrit dans sa lettre aux Éphésiens (lecture) : la grâce de Dieu qui n’a jamais été portée à la connaissance du monde nous est mainte-nant révélée (Ep 3, 2-3). Amen.

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