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2026-A-Mt 18, 21-35 - dimanche de la 24e semaine ORDINAIRE- un outil de perfection

Année A : dimanche de la 24e semaine ORDINAIRE (litao24d.16)
Mt 18, 21-35 :  Outil relationnel

« Élargis l’espace de ta tente » (Is 54, 2). L’espace de ton cœur. Ce n’est pas une option parmi tant d’autres. C’est le secret de Jésus pour réussir à bien vivre ensemble. C’est une demande qui repousse la tendance ac-tuelle du repli sur soi, de communautarisme dans nos sociétés qui se « méfient » de l’autre. Nous construisons des murs pour se protéger contre des agents extérieurs menaçants. Si nous pensions connaître ce qu’est tou-jours pardonner, c’est qu’on n’en connait rien (1 Co 8,1).

À travers l’exemple du comportement antihumain, choquant de ce serviteur qui refuse d’effacer une insigni-fiante dette, Jésus raconte une nouvelle manière de vivre. Cette parabole n’est pas une « idée » chrétienne. Jésus annonce qu’un autre ordre des relations humaines est possible. Il décrit comment bien vivre en humain. Contre cette tendance spontanée, très répandue de l’œil pour œil ou tu vas me le payer, Jésus suggère le re-mède de ne pas vivre enfermé dans la vengeance, de ne pas vivre seulement pour soi-même. De transformer nos différences en richesse (Exh MH # 10).

Avec réalisme, les lectures suggèrent pour vivre de cette nouvelle manière de renoncer à toute haine. Rancune et colère, des choses abominables. Question : si quelqu’un nourrit de la colère, comment peut-il vivre en har-monie avec les autres ? Le moine poète François Cassingena-Trévedy écrit que la moindre égratignure - le moindre signe de colère -faite à chaque personne fait aussitôt couler le sang de Dieu.

Notre inclination spontanée est de se nourrir de haine, de cultiver l’antipathie, d’alimenter la rancune et non de « travailler » fort pour maintenir de bonne relation. Se nourrir de haine et de rancune paralyse. Ne garde pas de rancune. On s’accroche plus à la haine qu’à l’amour. Aux blessures qu’aux guérisons possibles. La joie de vivre réconcilier est la marque de notre humanisme et un atout de réalisation de soi.

Jésus a passé sa vie à « travailler » fort pour parler à notre cœur (Os 2, 14). Pour nous éveiller à retrouver nos origines. Au début, il n’en était pas ainsi (Mt 19, 8). Entre nos origines et ce que nous vivons, entre notre vrai moi et notre faux moi (Thomas Merton), il y a un abime. Une distance abyssale. Il a « travaillé » pour nous ouvrir à une vie paradisiaque ou infernale. Heureuse ou malheureuse.

Pouvons-nous affirmer que nous vivons parfaitement son appel à vivre le paradis sur terre en pardonnant tou-jours ? La bonne nouvelle de cet appel est qu’il est possible de bien vivre ensemble. Prétendre guérir une bles-sure en punissant l’autre, c’est se tromper de chemin. C’est comme si nous prenions une médication non ap-propriée.

Notre vie est un grand mélange de bonté, de beauté, de cruauté, de chagrin, d’indifférence, d’amour. Nous sommes des humains avec nos jalousies, nos rivalités, mais aussi avec nos bondissements de bonté, de soucis des autres. Un chemin de bonheur. Bienheureux ceux qui partagent ce qu’ils sont plus que ce qu’ils ont. Malheureux ceux qui ne sont qu’amis d’eux-mêmes (Platon), qui ne voient qu’eux-mêmes et pour qui l’autre n’existe pas.

Ce chemin est plus exigeant que le commandement d’aimer. Il présuppose un cœur collé sur celui de Jésus et une vie conforme à la sienne. Plus nous serons cette magnifique humanité plus nous deviendrons humains envers les autres en pardonnant leur agissement à notre endroit. Cette parabole est plus qu’un outil relationnel, de bonne conduite, elle est un outil de connaissance de soi. Elle montre quel feu intérieur nous brûle. Nous sommes et serons toujours des humains avec nos failles et nos beautés.

À quoi peut bien servir de se déclarer chrétien si on ne vit pas d’un seul cœur et d’une seule âme (Ac 4, 32) ? Nous vivons, observe Paul, beaucoup pour nous-mêmes. Qu'est-ce que ça veut dire d'être ensemble si on n'est pas ensemble ? fredonne le chanteur Aliocha.

Jésus ne promulgue pas quelque chose de nouveau ou une technique de survie ensemble. Il propose un che-min qui sera toujours difficile et qui passe par cette exigence devenue un défi de taille dans notre culture : ne pas vivre pour soi-même, enfermer sur soi-même, centrer sur soi-même. Jésus lance un mouvement pour de-venir amis des autres, frères et sœurs universels. C’est le message central de l’Évangile. Laissons la paix grandir en nous. Elle germera dans le monde.  

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Date: 
Vendredi, 11 septembre, 2026

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