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2014-A-Mt 5, 13-16- mardi 10e semaine ordinaire - Lumière, dites-vous?

Année A : Mardi 10e semaine ordinaire (litap10m.14)

Matthieu  5, 13-16 : vous êtes la lumière du monde

Jésus, Parole de Dieu, n'a prononcé, nous le soupçonnons bien, aucune parole éphémère.  Sa parole, habillée de mots humains, est destinée à durer pour toujours (Mt  24, 35). Elle fut écrite par les rédacteurs des évangiles dans le but de prolonger dans notre temps, l'éternité de Dieu (Newman). Mieux, l'être même de Dieu.

Ce matin, à nous qui ne sommes pas que lumière, Jésus y va fort : vous êtes la lumière du monde.  On se contenterait de moins que cela. Jésus, ici, n'est pas en train de renipper notre petit moi. De le boursouffler. Il ne souhaite pas non plus de nous voir prendre la première place, de nous voir nous affirmer plus brillants que les autres. Un peu fort d'affirmer que notre Église est lumière du monde quand notre langage n'a plus d'impact sur le déroulement de notre monde, qu'il n'a plus d'audience non plus.

Pourtant, c'est une affirmation «cool». Jésus ne fait que confirmer ce que nous sommes si nous suivons le chemin des béatitudes qui précèdent notre texte. En empruntant le chemin du dépouillement de soi, celui de l'engagement risqué en faveur des autres, en optant pour un bonheur qui n'est pas quelque chose, ni un gain, mais une imitation de Jésus, nous devenons lumière du monde. Vous êtes la lumière du monde.    

Celui qui ne compte que sur sa lumière, qui se fie aux idéologies du moment,  qui n'a pour seul horizon que son moi, qui ferme toutes les portes, toutes les fenêtres à son être-pour-les-autres, n'est pas lumière. Il se voit d’un œil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute (Ps 35, 3). Tous nous avons cette faiblesse, cette fragilité, dit François dans une homélie du matin, de placer nos espérances en nous-mêmes ou dans les seules possibilités humaines et nous oublions le Seigneur. Et cela nous porte sur le chemin … du malheur.

L’Évangile de ce jour nous indique que le risque est très réel de mettre la lumière sous le boisseau quand nous refusons le chemin des béatitudes. Alors nous n'éclairons plus. Nous sommes comme des chrétiens chauves-souris, disait François dans une homélie pascale.

Comment être lumière ? Aucunement question de coup d'éclat, de prestige, de discours extraordinaires. Non.  C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis arrivé chez vous (1 Co 2, 4). Ce que disait Paul n’avait rien des grands discours qui veulent convaincre, emporter les foules. Il se savait un avorton. Ce n'était pas son moi, son petit moi qui le poussait sur les routes. Paul se savait un persécuteur de chrétiens. Il était habité par l'Esprit des béatitudes. Il rayonnait de l'Esprit  de l'Évangile. Paul vivait ce qu'il annonçait.

Même constat pour Marie de l'Incarnation qui écrivait:  En vérité je suis une grande pécheresse, qui ai des lâchetés sans nombre, des puérilités et des faiblesses indicibles, et c’est ce qui est digne de grande admiration qu’un Dieu qui a des milliers de millions d’âmes aimantes veuille jeter les yeux sur la dernière de ses créatures [...] et lui donner une si grande part en ses amours et en son cœur. C'est ça, l'esprit des béatitudes. C'est en laissant la lumière du Christ entrer dans nos failles que l'on devient lumière du Christ.

Questions. Sommes-nous lumière ? Avons-nous déjà été lumière ? Avons-nous déjà transmis La lumière ? Nous assumons ce ministère de la lumière chaque fois qu'il y a un exode de nos mois pour laisser Le sien nous habiter. Celui qui aime son frère, celui qui aime malgré des failles, ses échecs, demeure dans la lumière (1 Jn 2, 10).  Il est lumière sur le chemin.

Nous sommes chacun de bien faibles lumières, nous le reconnaissons, mais nous avons parmi nous et en nous la clarté rayonnante de l’Unique Lumière. Qui laisse infuser cette page en lui, qui la reçoit non pas comme de simples mots humains, mais pour ce qu'elle est vraiment (1 Th 2,13), parole de Dieu, comprend que nous sommes, chrétiens, des gens merveilleux.  Merveilleux parce sans nous, c'est la nuit. Avec nous, c'est la vie qui jaillit.  Ne cachons pas la lumière que nous avons reçue. Qu'elle brille devant les hommes. AMEN.

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Date: 
Dimanche, 1 juin, 2014

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