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2022-C-Lc 2, 41-51- coeur immaculée de Marie- exercer notre 3e oeil.

 Année C: samedi de la 12semaine ordinaire (litco12s.22)  

Lc 2, 41-51 : exercer notre « troisième œil ».  

Marie, comme toute mère ou tout père, n’a pas eu la vie facile. Ne spiritualisons pas trop vite cette recherche de son fils. Elle a passé sa vie à le chercher. Tout parent éprouve cela, ne pas savoir où est leur fils remue de fortes émotions et fait craindre le pire.

Il est facile à comprendre que les parents n’oublient pas de sitôt les événements quand ils perdent de vue leur enfant. Devant cette recherche du fils perdu, Luc dit simplement que Marie retenait tous ces événements. La situation la faisait beaucoup réfléchir. C’est normal tellement son cœur de mère était un cœur sensible.

Deux autres scènes rapportent que le regard de Marie était broyé de douleur. Celle d’un pieux vieillard lui prédisant qu’un glaive transpercera son cœur et celle de voir sur la croix son fils souffrir de rejet des siens. Marie avait à cœur son fils. Ce qu’elle voyait, entendait dire de lui, provoquait inquiétude, angoisse. Qui est cet enfant pour agir ainsi ?

 Marie portait sur Jésus trois regards, chacun s’appuyant sur le précédent[1] : l’œil de la chair, l’œil de la raison et l’œil intuitif de la vraie compréhension. Marie voyait, méditait et contemplait son fils. Ce « troisième œil » lui permettrait de savoir sans savoir[2], d’entrevoir en profondeur son fils, adulé par les uns, haï par d’autres.

 Marie ne souffrait pas de myopie sur son fils. Nous avons besoin de voir avec nos trois paires d’yeux. Nos regards sont plutôt dualistes, divisés entre droite et gauche tant l’ego, le désir de tout contrôler est dominant. C’est la perte de ce « troisième œil » qui engendre la crise actuelle de la foi.

Avec « son troisième œil » Marie savait qu’elle ne savait rien sur son fils. Ce n'est pas d'en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l'âme, mais de goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola). Paul connaît la même expérience que Marie quand il écrit qu’il a entendu des choses qui ne doivent pas et ne peuvent pas être mises dans le langage humain (cf. 2 Co 12,2-4). 

Cette mémoire du cœur de Marie appelle à convertir nos regards, à les laisser illuminer d’immensité (poète italien Giuseppe Ungaretti). La question de savoir comment nous voyons et quelles sont les lentilles qui nous permettent de comprendre nos vies et le monde plus profondément doit être permanente en nous. Nous avons besoin des trois ensembles d’yeux pour créer une culture saine et une religion saine. Sans eux, nous ne faisons qu’approfondir et perpétuer nos problèmes, nos visions dualistes, sans profondeurs. Ce « troisième œil » permet de se décentrer de soi, de sortir de soi.

Élevons nos cœurs. Sans ce « troisième œil », nous devenons des morts-vivants. Aujourd’hui, il est facile de se laisser distraire par les préoccupations et les problèmes de notre monde et se laisser fasciner par de fausses idoles. Ce « troisième œil » change chaque jour notre vision de Jésus.

Il y a un verset dans l’épître aux Hébreux qui dit Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui et éternellement (cf. He 13,8. Mais ce « troisième œil » nous fait porter chaque jour un autre regard sur Jésus. Il nous fait tressaillir de  joie. Il n’est pas le même chaque matin. Si nous ne faisons pas ce travail, d’exercer notre « troisième œil », notre relation avec Jésus risque de devenir un pur rituel, statique, non-nourrissant.

Chaque jour, Marie a laissé émerger en elle, a laissé naître en elle un « nouveau fils » qui lui disait, il faut que je m’occupe de l’œuvre de mon Père. Et cela transformait son cœur de mère en émerveillement devant ce fils qu’elle savait qu’elle ne savait rien de lui.

À votre contemplation, une question : et vous, ici, comment se porte votre « troisième œil » ? Il est la porte étroite qui nous entraîne toujours plus profondément  dans le mystère Jésus qui mérite d'être connu, mais qui est finalement inconnaissable dans sa totalité. AMEN.

 


[1] Regard développé par deux philosophes du Moyen-Âge : Hugues de Saint-Victor et Richard de Saint-Victor.

[2] Ibid.

 

Évangile: 
Année: 
Pérode: 
Date: 
Lundi, 20 juin, 2022

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