2026-A-Mt 17, 1-9- 2e dimanche du CARÊME- La beauté me tue
Année A : 2e dimanche du carême (litac02d.26)
Mt 17, 1-9 Le beauté de Jésus me tue.
Nous sommes à la recherche de roses parmi les cactus et les broussailles de nos vies pour les of-frir en bouquet d’espérance. Ces mots sont extraits d’une prière autochtone. Ils traduisent ce qu’ont vécu les apôtres sur la montagne en voyant Jésus dans toute son humanité humaine et divine.
Jésus a montré un bouquet de roses, la beauté de se personne, a des proches qui, en bas de la montagne, allaient renier cette beauté. Jacques et Jean désiraient être assis à sa droite et à sa gauche dans son royaume (Mt 20,23). Pierre refusait d’envisager la croix. Cela ne t’arrivera pas (Mt 16,16). Il y avait beaucoup de cactus et de broussailles dans le regard des apôtres. Ils avaient des yeux et ne voyaient pas (Mc 8, 18). Cette beauté-là du Christ me tue (Jean de la Croix).
Soyons honnêtes. Nos regards observent des cactus, une baisse drastique de pratique religieuse. La fermeture d’église nous fait mal. Plusieurs vivent l’espérance sans horizon qui consiste à vivre d’une lumière intérieure au milieu d’un tunnel interminable.
En les « forçant » à redescendre de la montagne alors qu’ils désiraient demeurer sur la mon-tagne, Jésus donne aux siens la mission d’être là où dominent les ténèbres des artisans d’espérance, des pèlerins d’espérance, des missionnaires d’espérance. Comment ? non en parole, ne parlez pas de cette vision. Aucun mot ne peut verbaliser ce qu’ils ont vécu, mais, et ce n’est pas facile ni même un clic magique, en portant la lumière et la vie renaîtra (hymne).
Le visage de Jésus n’a pas changé. Il est le même, hier, aujourd’hui et à jamais (He 13, 8). Il est Pasteur qui donne vie et sa vie. Il est Maître qui se fait serviteur. Il est Roi à genoux pour laver nos pieds blessés par la rocaille de nos routes, de nos vies. Il est Lumière pour les yeux qui ne voient que désolation, pour des gens hier pratiquants qui se sont détournés d’une certaine pra-tique de la foi
Aujourd’hui, alors que des perturbations profondes obstruent notre foi, que Dieu est relégué à la sphère privée ou devenue une pure fiction, un proverbe africain me fait du bien à entendre. Aussi profonde que soit la force et l’épaisseur de la nuit (de foi), rien n’empêche le jour de se lever ni le soleil de paraître.
Sur la montagne comme au bas de la montagne, le grand rêve de Jésus, ce pour quoi il a tout donné, fut de sortir ses disciples et la foule de leur noirceur. Cela s’appelle convertir nos regards. Songer aux disciples d’Emmaüs. Jésus est avec eux, mais ils ne le voient pas, ne le reconnaissent pas (Lc 24,13-35).
Vivre transfiguré n’est pas facile. Le Verbe s’est fait lumière pour sculpter le regard de ses disciples et les aider à défoncer les ténèbres de leur quotidien, incluant sa passion. Jésus leur offre une lumière que le monde ne peut donner. Cette lumière est un combat permanent. La tentation de broyer du noir traverse nos vies.
Une question se pose : savons-nous aujourd’hui être des gens qui bouleversent le monde entier (Ac, 17, 6) comme on accusait les premiers chrétiens trainés devant leur conseil municipal par la lumière de leurs regards ? La lumière est en moi alors que je la cherche en dehors de moi. Le vrai défi n’est pas de croire ou de ne pas croire, c’est d’avoir des yeux et un cœur débordant de lu-mière.
Il faisait noir dans la cœur d’Abraham qui a quitté son pays. Sa nuit de foi fut terrible. Paul recommande à Timothée de prendre sa part de souffrance (de ténèbres) liée à l’annonce de l’évangile.
Je conclus par un appel : faites de votre mieux pour être une petite lumière et Dieu fera le reste dans les cœurs. AMEN.
