Année A-Mt 5, 20-22; 27-28.33-34a,37 - dimanche de la 6e semaine ORDINAIRE- moi, je vous dis
Année A : dimanche de la 6e semaine ORDINAIRE (Litao06d.26)
Mt 5, 20-22; 27-28.33-34a,37 moi je vous dis
La loi nouvelle est plus difficile que la première. Pourtant Paul déclare que Jésus est venu nous libérer de la loi. Jésus nous libère de tous les interdits, de toutes les règles de toutes les obliga-tions, de tous les rites, tous les pieux usages de la tradition. Paradoxe, Jésus nous libère d’un fardeau pour nous en suggérer un autre, vivre comme Jésus. Vivre d’un cœur nouveau. Jésus « répare » une loi qui a pris un coup de vieux.
Dans la tête de Jésus, accomplir la loi ne signifie pas nécessairement faire quelque chose de bien. On peut faire de bonnes choses (aider, porter secours), faire l’aumône, partager son pain, pour se donner bonne conscience. Il faut chaque jour nous éduquer à devenir des visages de la miséricorde, à regarder avec des yeux de miséricorde et non des yeux accusateurs.
On ne peut pas prétendre être bon chrétien, c’est-à-dire bon disciple du Christ, si on ne fait pas siens les sentiments du Christ (Ph 2, 5), si l’on ne va pas au bout de la logique de la Loi, qui est d’aimer. La loi nouvelle, c’est regarder le Christ, agir comme lui. Et la vie du Christ, c’est l’amour. C’est surhumain. La nouveauté de la loi, n’est pas de satisfaire un besoin religieux extérieur pour se sentir en règle devant Dieu, mais à nous faire entrer dans une relation d’amour avec Lui et avec nos frères.
Ce qui est premier, ce n’est pas l’accomplissement des routines religieuses, c’est l’arrivée d’un esprit nouveau. Le plus important n’est pas de se laver les mains, mais de se laver le cœur. Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur. Dans chaque moi je vous dis, Jésus veut nous faire entrer dans sa manière de vivre. Manière qui a tellement choqué les chefs religieux et civils. ll ne suffit pas de ne pas tuer physiquement une personne si ensuite je la tue avec des mots, ou si je ne respecte pas sa dignité. Je vous dis de ne pas jurer que vous êtes chrétiens. Montrez-le.
Il n’est pas suffisant de savoir des choses sur Dieu. De jurer par Dieu. Il n’est pas suffisant de théoriser sur Dieu. Il n’est pas suffisant de nous émerveiller devant l’agir de Jésus, il faut agir comme lui, laisser sa manière de vivre couler dans nos veines. Confesser Dieu, ce n’est pas sim-plement savoir et dire qu’il existe. C’est aussi se compromettre en son nom (Adolphe Gesché). Ce ne sont pas ceux qui crient Seigneur, Seigneur (cf. Mt 7, 21) qui posséderont le Royaume de Dieu.
Songeons au Pharisien en prière dans le temple qui se glorifiait de n’être pas comme le reste des hommes. Jésus ouvre un chemin pour devenir un peu meilleur. Il indique une direction pour vivre comme lui. Ce que vous aimeriez qu’on vous fasse, faites-les aux autres (Mt 7,12).
Jésus ne propose pas une nouvelle loi. Il montre par son comportement un autre Dieu, un Dieu qui court à la rencontre du fils perdu et l'empêche de supplier qu’il a mal agi ; un Dieu d’une présence très remarquée auprès des mal en point comme la femme adultère, que celui qui est ans péché lui lance la première pierre (Jn 8, 3-11) ; un Dieu dont l’ennemi est un ami en devenir ; un Dieu signe de contradiction (Lc 2, 34-35) en mouvement vers les exclus de toutes les époques ; un Dieu non maître en casuistique ou en légalisme, mais en sagesse.
Loi nouvelle. Dans son message du carême, le pape est très concret. Je voudrais vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Effor-çons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse. Tout un programme.
