2026-A-Mt 4, 12-17 - dimanche de la 3e semaine ORDINAIRE- passer d'un monde à l'autre
2026-A- Dimanche de la 3e semaine ORDINAIRE (litao03d.26 )
Mt 4, 12-17 : passer d’un monde à l’autre.
Rien ne me fascine le plus qu’une naissance, celle d’un enfant, celle d’un couple ou encore de la dé-couverte comme IA. Chaque naissance ouvre mon regard sur le commencement d’une histoire qui s’écrie devant nos yeux.
Ce passage de Matthieu souligne l’entrée de Jésus dans la vie publique. Elle appelle à changer mon regard. À cesser de regarder le ciel pour faire son salut, mais plutôt à regarder les autres. Jésus ne parle pas du ciel. Il est dans sa personne ce ciel sur la terre. Avec l’arrivée de Jésus dans la sphère publique, le temps de regarder le ciel pour faire son salut est révolu. Jésus n’a jamais dans l’Évangile invité les gens à gagner leur ciel, mais à passer d’un monde à l’autre, à bâtir le ciel entre nous, des liens d’amitié et non des murs. Le loup habitera avec l’Agneau (Is 11,6).
Ce qui motive Jésus a annoncé avec tant d’insistance l’arrivée du royaume de Dieu, l’arrivée d’un vaste projet d’une terre fraternelle, c’est l’expérience profonde qu’il vit avec son Père dans ses moments de prière. Ce Père fait lever le soleil sur les méchants et sur les bons (Mt 5, 45), accueille et part à la re-cherche de la brebis perdue (Mt 18,12). La priorité de plusieurs croyants est de gagner le ciel et non d’agir comme Jésus. Cette attitude est une trahison du message central de Jésus.
Le défi et il est très actuel est de passer d’une image de royaume à une autre image. De passer d’un Dieu roi à un Dieu serviteur. L’arrivée du Royaume de Dieu signifie la proximité pour tous de l’amour de Dieu. L’appel à la conversion que demande Jésus en ouvrant sa vie publique est aussi un appel à nous convertir à la proximité avec tout le monde. Un appel à être un bon Samaritain. La manière de vivre de Jésus nous montre que « son Dieu » celui qu’il rencontre dans ses moments de prière, n’est que proxi-mité, compassion et tendresse. Ces trois mots définissent ce qu’est son royaume, mot qui revient plus de 69 fois dans les évangiles.
Jésus n’annonce pas le ciel après la vie de ce monde, mais la transformation radicale de ce monde. Il n’a pas prêché la résignation, il n’a pas béni le statu quo. Il n’a laissé aucune structure de pouvoir : Vous êtes tous des frères et des sœurs (Mt 23,8). Il a relevé les petits. L’essentiel du message de Jésus est de changer de regard sur Dieu, sur le monde. À devenir bon Samaritain qui s’arrête parce qu’il aime celui qui est tombé, mal pris .
Chaque dimanche, nous nous arrêtons pour nous retrouver ensemble pour s’écouter, écouter, partager, réfléchir, recentrer nos vies sur l’essentiel. Nous faisons notre « petit peu » pour mieux vivre ensemble, pour mieux être bon Samaritain en refusant de chercher notre seul intérêt, mais [de rechercher aussi] celui des autres (1 Co 9, 26).
Jésus affirme l’arrivée de la bonté. Il annonce un projet radicalement évangélique où il serait plus facile d’être bon, un projet de fraternité universelle qui s’adresse à tout le monde. Cela se profile dans la lettre sur la fraternité humaine que le pape François a signée avec le Grand Imam d’Al-Azhar en février 2019 . Dieu ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens.
Une question toute simple : Avons-nous soif du Royaume compris dans le sens d’une révolution de bon-té ? De tendresse ? D’une révolution de la fraternité ? Évitons de répondre par un « oui » théorique. Notre « oui » nous engage à faire notre petite part. Nous avons soif de beaucoup de choses, de santé, de visites de nos proches, d’entendre une bonne nouvelle, de nous retrouver chaque semaine en com-munauté eucharistique. Mais comment contribuons-nous à semer de la bonté, de l’harmonie comme cette semaine de l’unité nous y convie. AMEN.
