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2005 -:A- Mc 10, 1-12 -Vendredi 7e semaine ordinaire - les exigences du mariage

Année A : Vendredi de la 7ième semaine ORDINAIRE A-

Mc 10, 1-12 les exigences du mariage LE MYSTÈRE DE L'AUTRE

Il n'y a qu'une souffrance, c'est d'être seul. Mais "être couronné de gloire" comme l'exprime le rituel orthodoxe du mariage, vivre ensemble, dans le "sacerdoce conjugal" ou en communauté passe par le remplacement de l'exaltation de l'individualisme, de l'adulation du moi, par celui de l'existence de l'autre. Cette porte là est étroite, très étroite. Que ce soit dans le monachisme et son célibat ou dans la vie nuptiale, tous et toutes sommes appelés à " quitter" ne serait-ce que notre "moi", pour connaître, aimer et servir Dieu dans l'autre.

Le "tout quitter"comme " le soyez parfait comme votre père céleste est parfait " s'adresse à tous les baptisés. L'Évangile ne se reçoit que dans sa totale exigence. " Vous vous trompez tout à fait si vous croyez qu'il y a des choses exigées des séculiers et d'autres des moines. " (St Jean Chrysostome, homélie XX sur l'Épître aux Éphésiens)

"Au commencement", cela devrait nous placer en état d'alerte, dès nos origines, Dieu avait un rêve pour chacun de nous. Ce rêve, ce projet divin se ramasse dans un mot : " Quitter ", s'affranchir de liens du sang ( père-mère) pour " s'attacher ", entrer en relation avec un autre. Cela s'appelle épouser le mystère de l'autre pour les conjoints. Le mystère de Dieu pour les consacrés. Quitter pour vivre, quitter pour se complaire l'un par l'autre, l'un pour l'autre, l'un dans l'autre jusqu'à ne plus faire qu'un. Belle vision de la Trinité. Quitter pour devenir TRINITÉ. Quitter pour s'accomplir dans la perfection d'une relation.

Nous sommes en présence d'une page qui ouvre au mystère de l'autre. Au mystère de la perfection. " Soyez parfait". L'autre ne sera jamais une marchandise dont nous pouvons nous débarrasser quand cela nous convient. Cela est vrai dans le sacerdoce nuptial comme à l'intérieur de toute vie religieuse. La fidélité dans le mariage comme celle de la consécration à Dieu est une fidélité à l'irruption du mystère de l'autre. Fidélité qui scelle un pacte d'alliance à devenir mutuellement "don total". Nous sommes mutuellement le visage de cet insondable mystère de l'Autre qu'est Dieu et qui vient nous déranger par son appel à devenir origine.

"Au commencement", dès nos origines, tout être humain est ordonné au mystère de l'Autre. Nous ne pouvons nous suffire à nous-même. Une vie repliée où l'hédonisme a toute la place ouvre sur un non-accomplissement. Dieu nous a crées avec un manque, une blessure qui oblige à sortir de nous-même, qui nous pousse à nous mettre en recherche, en quête de l'autre si nous voulons devenir accomplissement. La réaction virulente de Jésus à la question est-il permis ? s'enracine dans cette perspective du mystère de l'autre.

Dieu nous a crées en vue de " quitter" père-mère pour devenir accomplissement dans la rencontre de l'autre, pour épouser l'amour de l'autre comme Dieu nous a épousés. Dieu nous a crées pour communier de tout notre être à l'autre, pour accepter que l'autre – qu'il se nomme époux, épouse, une consoeur, Dieu- en faisant irruption dans notre vie nous ouvre progressivement à travers des reculs et des progrès, des hauts et des bas, des désirs et rêves différents, sur une plénitude-accomplissement. Sur une joie imprenable.

À votre contemplation: Est-il permis? De grâce, ne réduisons pas cette question à une question morale. N'utilisons pas ce grand texte comme une règle définissant le permis du défendu ou pour interdire à des personnes qui ont connu des échecs le droit de revivre un nouvel élan vers un devenir-accomplissement. Est-il permis? Cette question, il faut l'entendre autrement. Est-il permis d'envisager que dans nos relations mutuelles entre conjoints, entre membres d'une communauté monastique, d'entrevoir que nous puissions vivre à l'image et à la ressemblance de Dieu ? Est-il permis de ne plus exister pour que l'Autre existe? Est-il permis de ne plus s'auto suffire pour accueillir l'autre même si cet accueil nous entraîne sur des chemins où nous n'avons pas choisi d'aller? Est-il permis ? La réponse suppose une certaine souffrance, celle de quitter quelque chose, de nous quitter jusqu'à vivre ce mystère de l'autre, ce pacte d'alliance à la manière de Dieu qui a tout quitté jusqu'à devenir pour nous, pour notre accomplissement, nourriture qui exalte et comble en abondance. AMEN.

 

 
 

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Date: 
Mercredi, 1 juin, 2005

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