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2026-A-Mt 21, 28-32 =- dimanche de la 256e semaine ORDINAIRE- suis-je un humain complet ?

Année A : dimanche de la 26e semaine ORDINAIRE (litao26d.26)
Mt 21, 28-32 : suis-je un humain complet ? 

Seuls sont respectés ceux qui tiennent parole. Ce proverbe polonais était souvent cité par le pape François. Nous nous glorifions de parler mieux que nous vivons (Guerric). Mieux vaut être chrétien sans le dire, plu-tôt que de le dire sans l’être (Saint Ignace d’Antioche). Il y a quelque chose de nous dans ce « oui » et dans ce « non ». Ils disent et ne font pas (Mt 23, 3).

Jésus fut un homme complet (Pie X11). Sa conduite est étrange, sa cohérence inattaquable. Il ne dit pas une chose pour faire ensuite autre chose. Son authenticité est au cœur de sa bonne nouvelle. Cela lui attire d’être perçu comme révolutionnaire par ses opposants, mais séduit des foules – il ne parle pas comme le reste du monde –. Elle terrorise les professionnels d’une religion de façade qui diabolisent ceux qui se tien-nent hors du temple. Il leur parle de la paille et de la poutre.

Jésus ne se contente de dire oui à notre humanité, il en a pris le chemin. Il entre dans notre histoire, prend notre humanité. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix (Ph 2, 6-8). Tellement humain que la souffrance l’a « suivi » « poursuivi » toute sa vie.

Se contenter d'être des professionnels du « oui », des chrétiens de convenance, de confort, vivant comme si Dieu n’existait pas, dont la foi ne transforme pas notre manière de penser (Rm 12, 2) risque de n’être qu’une étiquette. Vivre sans cohérence en disant une chose et en faisant le contraire, c’est scandaleux. Cela fait mal à notre foi. À l’Église. Dire « oui » à écouter la parole de Dieu sans la mettre en pratique (Jac 1, 22), c’est avoir perdu la tête (Mc 3, 20-21). D’avoir perdu la beauté de croire.

Être « correct » ne se réduit pas à bien paraître ou se vanter d’être un bon pratiquant. Ce sont les pensées qui nous habitent qui nous rendent « correct ». Être chrétien n’est pas seulement une façon de parler, c’est une manière de vivre en harmonie avec ce que nous affirmons. Ce n’est pas celui qui crie Seigneur, Seigneur qui entrera dans le royaume (Mt 7, 21) ni celui qui prie des lèvres quand le cœur est loin de lui (Mt 15, 8). 

Chante avec ta vie, dit un psaume (146,1) de manière à n'être jamais silencieux. Un auteur Michel Sardou dont la chanson je vole a toujours une bonne cote d’écoute écrit avec une authenticité étonnante :je suis un très mauvais chrétien, j'y crois lorsque j'en ai besoin. Nous pensons en chrétien et vivons en païen. Nous sommes tous de mauvais chrétiens. Nous croyons quand nous avons besoin de Dieu. Nous sommes souvent des catholiques athées, des pratiquants du dimanche. 

Va travailler à ma vigne. Une invitation à revenir à nos premiers amours, à nos premiers « oui » à suivre ce premier élan qui nous entraine dans ses bras (Thérèse de Lisieux). Mais cette euphorie des premiers jours ne dure pas. Lentement, sournoisement s’infiltre en nous le « je prends et j’en laisse », un oui-mais. L'Évangile doit être pris sans analgésique (Pape François). Souvent nous nous contentons d’un « oui » exté-rieur, d’un « oui » d’une petite vie facile en recherche sans cesse de nos propres intérêts.

Un virus nous colle à la peau, celui d’adoucir avec le temps cet appel à lui accorder la première place. Nous le prions du bout des lèvres en disant « oui » avec la tête et non avec le cœur, en nous contentant d’être seulement baptisés, mais non croyants. Nous sommes des humains qui souvent se trompons de « oui ».

Notre « oui » est mille fois plus simple que ce qu’en fait le christianisme, mais très difficile à vivre. Ce n’est pas un « oui » à ce qu’il faut croire, mais un engagement à vivre comme Jésus. Nos comportements contre-disent souvent notre foi. 

La vraie question : sommes-nous prêts à laisser notre « oui » à Dieu faire son œuvre par nous, en nous ? Maître Eckhart, ce mystique dominicain du XVe siècle : laisse Dieu être Dieu en toi. C'est un écho à l'incroyable parole de Saint Paul : ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi !

Tel est le vertige chrétien : croire exige d’être des humains complets où notre foi est plus qu’une déclara-tion d’amour, mais aussi un engagement à vivre parfaitement comme Jésus. Commençons à avoir les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments que Jésus (Phi. 2, 5). Commençons à n’être que « oui ».

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Date: 
Sunday, 27 September, 2026

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