2026-A- Mt 11, 25-30 - Frère André- il est apparu.
2026-A- mercredi du temps de Noël
Mt 11, 25-30 : Il est apparu.
Très significatif que de célébrer Frère André durant ce temps de Noël. Comme Jésus, Frère André est apparu (Tite 2,11) chez nous par le même chemin de la petitesse. Il n’a pas eu honte de s’occuper de ceux qui ne sont pas considérés, des insignifiants, des marginalisés, des faibles, des brisés. Aujourd’hui, peu nombreux sont ceux qui sont admiratifs devant les sans force, les sans pouvoir, presque sans vie comme les malades, les sans-abris et tant d’autres.
Ici, chez nous, est apparu, s’est manifesté un homme qui ne valait pas grand-chose tant il fut accepé presque par charité par une communauté qui lui assigne de garder la porte d’un collège. Très peu instruit, de santé fragile, de base condition sociale, on lui assigna une « crèche », la porte d’un collège. C’était oublier son immense confiance, son imprenable foi.
Est apparu quelqu’un manifestant une grande compassion envers les petits, les souffrants, les pauvres. Il était lumière qui brille dans leur vie. Une lumière brille dans les ténèbres. Son impre-nable confiance en Joseph a « réactivé » l’espérance des écrasés par la vie. Quand la foi est vive, ça se voit. Sa foi l’a incliné non sur le « beau monde », mais sur ceux qui n’avaient rien d’autre que leur souffrance, que leur foi pour se sortir de situations impossibles. La foi n’est pas une solution apportée à des situations sans issues, elle est un chemin non d’espoir que tout s’arrangera, mais d’espérance qui voit la beauté sous la souffrance (Luther King).
Nous célébrons une vie qui est apparue, comme le précise Paul aux Philippiens (1,20), pour magnifier le Seigneur. Et Paul ajoute dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort. Frère André n’a pas magnifié la souffrance, mais a manifesté sa proximité, sa grande compassion envers les petits, les souffrants, les pauvres à qui il répétait son « homélie » quotidienne : confiance, lève-toi (Mc 10, 49). Il était un signe de salut pour les sans espoir. Les aveugles voient, les muets parlent, les sourds entendent (Mt 11, 5).
L’essentiel de toute vie chrétienne n’est pas de prêcher, même si c’est important, mais de magnifier le Seigneur. L’évangile nous indique avec clarté le chemin. Père, je te rends grâce pour les petits. Jésus ne rend pas grâce au Père en raison des œuvres extraordinaires, mais parce que sa noblesse divine se voit par ceux qui vivent dans les crèches du monde, en ceux qui n’attirent pas l’attention, qui semblent compter peu ou pas du tout, en ceux qui n’ont pas de voix.
Ce sont les petits, les sans-voix qui montrent Jésus. Les rois mages, ces savants illustres, ont reconnu un « roi » qui dormait dans une crèche. Où est le roi des Juifs qui vient de naître (Mt 2, 2) ? C’est le style choisi par Dieu lui-même pour venir parmi nous. La petitesse, notre petitesse n’est pas une condition à subir avec tristesse et nostalgie, mais un style à adopter. Le pape Léon répète presque quotidiennement que la logique de la petitesse est la véritable force de l’Église !
Pour oublier le poids de sa vie, Jésus s’émerveille. Pour trouver le repos, il tressaille de joie (Lc 10,21). C’est un joug léger. Pour oublier sa maladie, sa pauvreté, Frère André s’émerveille. Il a porté le joug léger de l’émerveillement. De la joie. Lorsque l’Évangile est lu à travers les yeux de la fragilité, de la louange, il devient un puissant signe de transformation.
Aujourd’hui nous voyons peu, nous admirons peu la résilience de vivre des situations lamen-tables avec grandeur en évitant de recourir à l’aide médicale à mourir. Que son dévouement re-marquable envers les pauvres (oraison)nous pousse à prendre son chemin.
